L’HOMME DANS LE DÉSERT (suite)

1. L’homme dans les milieux désertiques chauds

2. Les peuplades primitives

3. Nomades et pasteurs

4. Les caravanes du désert

5. Des aqueducs sous le sable

6. Reverdir le désert
6.1.
Tomber à sec
6.2. Une protection en matière plastique

6.3.
Le génie végétal

6.4.
L’écologie appliquée

 


6. Reverdir le désert   

        Transformer le désert en terre agricole utile est un vieux rêve. Malgré le rude climat et la destruction générale des sols, des parties du désert sont très fertiles. Il ne manque que l’eau. Par tradition, de petites étendues ont été irriguées par les qanats et les puits. Mais ces méthodes d’irrigation n'ont que peu d’utilité pour nourrir de grandes populations. Les fermiers modernes du désert doivent utiliser une irrigation à grande échelle s'ils souhaitent obtenir de quoi nourrir une population en constante augmentation. Si vous survolez des régions du Sahara et du désert d'Arabie, vous noterez que le désert est parsemé d'énormes champs de blé circulaires. Vus du ciel, les champs ressemblent à des îles d'un vert brillant perdues dans une mer mélangeant bruns et les jaunes pâles. Ces champs, financés par les revenus de la production de pétrole, ont permis à des pays tels que l'Arabie Saoudite de faire pousser tout le blé dont ils ont besoin. Il n’existe pas de petit résultat pour un pays du désert. L'eau servant à irriguer ces champs vient des profondeurs du désert et est amenée à la surface par des pompes motorisées. La forme circulaire des champs est due au moyen utilisé pour irriguer le sol. L‘eau souterraine est pompée au centre du champ et canalisée par l'intermédiaire d’un long bras en métal muni d’ajutages d’arrosage. Ce bras, dirigé par des moteurs, tourne lentement en rond, distribuant l’eau par les ajutages à la moindre parcelle de terrain.

Les champs de blé circulaires dans le désert du Sahara doivent cette forme à la méthode d’irrigation des cultures.

6.1. Tomber à sec   

        Les champs de blé et les nouvelles cités sont des programmes très ambitieux pour utiliser efficacement le désert. Cependant, bien des scientifiques estiment que ces tentatives sont aussi peu prévoyantes car les réserves d'eau ne dureront pas éternellement. L'irrigation par ajutages, telle qu’elle est utilisée pour les champs de blé, gaspille énormément d’eau. L'aspersion dans l'air du désert entraîne l’évaporation de grandes quantités d’eau avant qu'elle n'imbibe le sol.
        Autre fait important: l'eau des réservoirs souterrains s'est accumulée lentement au cours de millions d'années. Actuellement, elle est puisée bien plus rapidement qu'elle n'est remplacée par les précipitations. A certains endroits du désert du Sahara, le niveau hydrostatique (la profondeur de l'eau sous la surface) diminue de quelques mètres chaque année. Tôt ou tard, même les puits les plus profonds se tariront. En Égypte, certains experts estiment que le réservoir de Farafra ne rendra les cultures possibles que durant 50 ans. Ils déclarent que persuader de grands nombres de personnes d'aller vivre dans le désert ne fera qu'amener une crise dans l’avenir. La baisse du niveau hydrostatique n’affectera pas que les nouveaux projets agricoles. Bon nombre d’oasis et de sources tirent l'eau des mêmes réservoirs souterrains. Si elles aussi se tarissent, des terres situées à des centaines de kilomètres seront gravement touchées et il y aura encore moins d’eau pour la végétation naturelle ainsi que pour les animaux. Les meilleures méthodes d’irrigation du désert a été largement propulsé par l’introduction seront celles utilisant l'eau avec parcimonie. Le progrès le plus capital a été l’essor des systèmes d’irrigation par percolation (pénétration lente des eaux de pluie dans le sol). Ils utilisent des canalisations en plastique posées sur le sol et délivrant de petites quantités d’eau où elle est le plus nécessaire: à la base de la plante, au-dessus des racines. En amenant directement l’eau au système radiculaire, plutôt qu'en l'épandant dans l’air, ces systèmes réduisent de toute évidence au minimum la perte d’eau par évaporation.

L’irrigation par ajutages, telle qu’elle est utilisée pour les champs de blé, gaspille énormément d’eau.

6.2. Une protection en matière plastique   

        Les serres sont un moyen utile de créer des environnements artificiels. Dans le désert, les serres pour plantes ont le même but que la fermeture du terrier chez les petits mammifères. A l'intérieur, I'humidité de l’air peut être amenée bien plus haut qu’à l'extérieur. L’augmentation d'humidité ralentit le taux d'évaporation. Dès lors, bien moins d’eau est utilisée pour irriguer. Cela permet une grande économie d’eau et de travail. Le développement de serres agricoles dans le désert a été largement propulsé par l’introduction des matériaux modernes.
        L'utilisation de feuilles de plastique permet de bâtir des serres plus grandes qui coûtent moins que celles en verre. Un effet secondaire positif de feuilles de plastique est qu'elles se ternissent rapidement sous les effets du climat. Dès lors, les rayons solaires atteignant les plantes cultivées sont filtrés et ramenés à un niveau plus acceptable.

Des tunnels en plastique recouvrent les cultures. Ces tunnels empêchent l’évaporation de l’eau dans l’air ambiant. L’évaporation favorise l’émergence des sels à la surface du sol désertique. Ces sels tuent la plus grande partie de la flore et empoisonnent le sol.

6.3. Le génie végétal   

        Bon nombre de régions du désert s'étendent jusqu'à la mer, source d'eau illimitée. Malheureusement, le processus de désalinisation qui transforme l'eau salée en eau douce est extrêmement compliqué sur une grande échelle et nécessite d'énormes quantités d'énergie très coûteuse. Une solution consiste à cultiver des plantes pouvant absorber l'eau de mer. Ainsi, des scientifiques des États-Unis ont développé des plants de tomate pouvant être irrigués avec de l'eau salée. Il y a cependant un grand point d’interrogation concernant toutes ces recherches. L'irrigation des terres par eau de mer augmenterait les dépôts de sel dans le sol. Beaucoup de régions côtières sont déjà trop salines pour la plupart des formes de vie. Amener plus de sel sur la terre pourrait ne pas constituer la meilleure solution.

Étude de plantes halophytes à l’université d’Arizona. Les végétaux sont irrigués par des eaux dont la salinité, variable, peut atteindre celle de l’eau de mer. Les recherches portent sur de nouvelles variétés susceptibles d’être cultivées dans les zones arides afin d’accroître les ressources alimentaires mondiales.

6.4. L’écologie appliquée   

        Le désert est un environnement très dur où le plus petit avantage représente une différence cruciale. Un des objectifs de l'écologie est de voir comment opèrent ces avantages. Des études extensives ont été réalisées sur des arbustes sauvages dans le Sahara. Les recherches ont montré que plus de 90 pour cent des jeunes plants survivant au premier été prenaient racine à moins d'un demi-centimètre du bord d'un rocher. Lors d'une étude, seul un plant sur 400 croissait à plus d'un centimètre d'un rocher. Le rocher offre à la plante un microclimat frais et ombragé. Le taux d'évaporation y est plus bas qu'à quelques centimètres seulement de distance. Dans certaines régions du Sahel, des coopérants apprennent aux fermiers locaux que les pierres ne doivent pas être retirées des champs. Au contraire, elles peuvent être utilisées pour donner un meilleur départ à leurs cultures.
        À plus grande échelle, certains fermiers australiens utilisent de nos jours une méthode similaire pour ramener la végétation dans des régions argileuses exposées et dures. Les bulldozers creusent une série de sillons et de dépressions peu profonds dans le sol et la nature prend alors le relais. Ces espaces artificiels creusés dans l'argile servent à bloquer les graines emmenées par le vent ainsi que l'humidité. Les conditions de protection qui règnent dans ces cavités suffisent souvent pour donner aux graines le petit avantage dont elles ont besoin pour prendre racine et croître tout à fait naturellement.

Des pousses d’acacia sont plantées près de pierres pour bloquer l’eau près des racines.

        L’ homme essaie par tous ces moyens de lutter contre la désertification qui menace les frontières entre le sable et la verdure en cultivant des champs de blé, en hydratant le sol ou même en créant, par la génétique, de nouvelles plantes. Mais, pour l’instant, la nature est la plus forte.


Les Hommes .