1. Lhomme dans les milieux désertiques chauds
6. Reverdir le désert
6.1. Tomber à
sec
6.2. Une
protection en matière plastique
6.3. Le génie
végétal
6.4.
Lécologie appliquée
1. Lhomme dans les milieux désertiques
chauds ![]()
Lhomme nest pas adapté au désert : abandonné sans eau par une chaleur de 50° C, il mourra au bout dune journée ou deux. Pourtant, toutes les grandes zones désertiques du globe sont peuplées par lhomme depuis la préhistoire et toutes les races y sont représentées. Les différences observées entre les populations du désert concernent surtout les techniques dadaptation aux conditions climatiques. Il est certain quune peau fortement pigmentée donne une meilleure protection contre les rayons solaires ultraviolets, mais les individus à la peau légèrement pigmentée supportent bien la vie en pays chauds sils évitent une exposition trop directe au soleil. Le corps humain peut aussi effectuer quelques corrections physiologiques lors de son acclimatation, mais aucun mécanisme ne peut réellement empêcher la perte de leau.
2.
Les peuplades primitives
![]()
Les besoins en eau dun homme
travaillant dans le désert sélèvent à neuf litres par jour. La recherche
continuelle de leau a obligé les habitants à vivre en
nomade
. Les tribus les
plus primitives pratiquent des formes anciennes de nomadisme : la chasse et la cueillette.
Seuls deux groupes dhabitants du désert
suivent encore ce mode de vie: les Bindibus (les aborigènes d'Australie) et les
Boschimans, réfugiés dans le Kalahari après la colonisation européenne. Les Bindidus
errent nus, par petits groupes, à travers dimmenses régions dans le centre-ouest
de lAustralie; leurs déplacements dépendent des pluies. Mais ce genre de vie ne
peut être adopté que dans des régions assez giboyeuses et relativement fertiles. Les
Boschimans, eux, se déplacent aussi par petites troupes partageant eau et nourriture,
mais chaque troupe possède un territoire de chasse bien défini, où labsence de
gibier met continuellement leur existence en danger.
Armée d’un bâton, une jeune femme Boschiman sonde le sol sableux, dans le sud du désert de Kalahari en Afrique à la recherche de tubercules.
Les aborigènes ont un nez large et plat
très caractéristique. Il semble que cette particularité se soit développé pour
contrer l'air sec et poussiéreux du désert dAustralie. L'adaptation physique des
boschimans est encore plus visible. Tout être humain a une couche de graisse sous la
peau, sous des climats froids, cest important pour conserver la chaleur. Néanmoins,
dans un désert, cela peut être un handicap car la couche de graisse interdit au corps
humain de perdre sa chaleur rapidement. Les boschimans ont perdu cette couverture de
graisse. Leurs réserves de graisse se concentrent dans leurs fesses, le reste du corps
restant ainsi plus frais.
Bien que nous considérions les aborigènes
dAustralie et les boschimans du Kalahari comme primitifs parce qu'ils ont peu
d'outils ou de connaissances technologiques, ils vivent en totale harmonie avec leur rude
milieu et en sont remarquablement conscients. A certains égards, les peuplades primitives
en savent plus sur l'écologie du désert que la plupart des scientifiques.
Mis à part leur façon de vivre, ces deux
peuples sont les seuls à être adaptés physiquement à la vie dans le désert.
Les Bochimans du désert de Kalahari en Afrique.
Les chasseurs-cueilleurs ne sont pas des habitants typiques du désert et leur mode de vie primitif na été préservé que dans les déserts isolés d'Australie et du sud de l'Afrique. La plupart des peuplades du désert, telles que les bédouins du désert d'Arabie et les touaregs du Sahara par exemple, sont des pasteurs nomades. Leur marche constante dans le désert est dictée par le besoin de trouver de nouveaux pâturages pour leurs troupeaux d'animaux domestiques. Ils les conduisent dune oasis à lautre pour les abreuver. Quelques peuples du désert sont devenus sédentaires. Dromadaires, moutons et chèvres forment le plus gros des troupeaux de nomades qui peuvent être 20 fois plus nombreux que leurs propriétaires. En général, leurs troupeaux répondent presque totalement à leurs besoins. Certaines peuplades se nourrissent presque entièrement du lait fourni par leurs animaux mais dautres ne mangent que de la viande. Les peaux ont de multiples usages: elles peuvent être cousues pour former des tenues, des outres et de nombreux autres objets déquipement ou d'habillement.
Le touareg porte plusieurs couches de robes qui isolent contre la chaleur.
En plus délever des animaux pour leur
viande, certains nomades ont aussi une autre occupation traditionnelle, le transport de
biens à travers le désert. Parfois, ces biens viennent du désert lui-même, coupés
dans les lacs salés à sec (ou chotts) loin à l'intérieur du désert ils sont
transportés au sud dans le Sahel. Les transports commerciaux occasionnent de grands
déplacements, qui rassemblent en caravanes un grand nombre d'hommes et d'animaux. Le
dromadaire est la seule bête de somme qui puisse supporter les conditions du désert.
Pendant des siècles, des caravanes formées de centaines de dromadaires jouèrent un
rôle de premier plan dans le réseau commercial mondial.
Le commerce caravanier saharien du sel,
pratiqué par les Touaregs, est encore important, car l'Afrique occidentale manque de sel;
or, les besoins en sel de tout être vivant en pays chaud sont considérables. C'est ainsi
qu'au printemps et à l'automne, de grandes caravanes appelées azalaï
(rassemblement de chameaux) se
rendent aux salines du Sahara central pour échanger le mil
contre le sel. Les routes des caravanes suivent généralement la
distance la plus courte reliant les oasis ou les points deau. Dès lors, certaines
oasis sont devenues des centres de commerce importants. Par ailleurs, là où la distance
entre deux sources naturelles était trop grande pour la sécurité de la caravane, des
puits ont souvent été creusés pour atteindre l'eau sous la surface du désert. Beaucoup
de ces puits sont toujours en activité et certains existent depuis des siècles. Mais le
commerce le plus largement diffusé à travers le désert saharo-sindien était, il y a
peu de temps encore, celui des esclaves.
Une caravane de marchands traverse le lac As ale pour aller acheter des briquettes de sel aux mineurs de Dana kil.
Là où existe une réserve deau
appropriée, le désert peut se révéler extrêmement fertile. Bien des oasis sont
entourées de jardins luxuriants fournissant une large gamme de récoltes pour une
population humaine fixe. Dans les déserts dIran et d'Oman, les indigènes ont
trouvé une méthode ingénieuse pour amener un supplément d'eau des montagnes vers leurs
jardins du désert. Ailleurs dans le monde, on creuse en général un canal pour
détourner l'eau vers un endroit précis. Mais dans le désert, ces canaux n'ont
quune utilité relative en raison du taux d'évaporation élevé. Les habitants de
ces déserts ont résolu le problème en construisant un tunnel souterrain, nommé qanat,
pouvant atteindre 20 kilomètres de long.
Le qanat est construit à partir d'une source
au pied des montagnes bordant les déserts. Il part de la source et descend doucement
jusqu'à ce qu'il atteigne le jardin. Là, leau est amenée à la surface par un
puits. Ces canaux sont entièrement construits à la main grâce à une série de puits
d'aérage verticaux que l'on enfonce environ tous les 100 mètres. Par la suite, lorsque
le qanat est mis en service, ces ponts offrent un accès aux ouvriers venant dégager le
canal du sable pouvant lobstruer. Bien que le qanat soit sous la surface du désert,
il est reconnaissable du premier coup doeil à l'air libre. Les puits daccès
verticaux forment une ligne distinctive ressemblant à une série dépingles
plantées dans le désert.