DES INSECTES AUX REPTILES

1. Bâtis pour la survie

2. Rester au frais

3. Les pots à miel

4. Le fléau du désert

5. Araignées et scorpions
5.1. Résistance à la chaleur
5.2. Les solifuges

6. Un peu de sang froid
6.1. La tactique du lézard
6.2. Les ténèbres et la lumière

7. Le monstre du désert

8. Les acrobates des sables

9. Un mouvement latéral perpétuel


        Les animaux les plus nombreux dans le désert, comme dans tout écosystème, sont les insectes. La plupart des familles principales d'insectes (mouches, cancrelats, coléoptères, papillons, sauterelles, fourmis, guêpes et abeilles) comportent bien des espèces vivant dans le désert. Les insectes qui vivent dans l'eau durant une partie de leur vie, tels que les libellules et les moustiques, ne se rencontrent pas beaucoup dans ce milieu‚ tant donné la carence en eau.


1. Bâtis pour la survie   

        Le corps de l’insecte est bien adapté aux conditions du désert. La carapace externe, la cuticule Cuticule : la cuticule fournit un squelette extérieur rigide au corps et aux pattes. Des replis internes (ou apodèmes) pouvant s'engager profondément dans une autre, servent de support aux muscles. Elle joue également le rôle d'isolant entre les tissus vivants et le milieu externe. Une des fonctions les plus importantes de la cuticule consiste à éviter les pertes d'eau, incompatibles avec un mode de vie aérien. Bien que la cuticule soit fine, sa structure n'en est pas moins complexe. Une unique couche de cellules épidermiques sécrète la cuticule, qui est constituée d'une pro-cuticule (10 mm à 0.5 mm d'épaisseur) recouverte par une épi-cuticule (0.1 mm à 3 mm). L'épi-cuticule est imperméable à l'eau grâce à une couche superficielle de cires. La pro-cuticule est constituée d'un grand nombre de fibres de substances organiques azotées complexées avec des protéines lui procurant dureté et flexibilité. qui entoure le corps de l'insecte, est composée d'une substance dure et imperméable nommée chitine Chitine: substances organiques azotées.. Pour cette raison, l'insecte perd très peu d'eau par évaporation.
        Tous les animaux perdent de l'eau en respirant. Lorsque l'insecte expire, il rejette de la vapeur d'eau ainsi que du dioxyde de carbone par des ouvertures du corps nommées stigmates. Il ne respire pas sans cesse. Il utilise des muscles spéciaux pour garder les stigmates fermés jusqu’à ce que la quantité de dioxyde de carbone dans son corps atteigne un certain niveau. Il ouvre alors ses stigmates et expire. La perte d'eau est ainsi minimisée. Certains insectes du désert peuvent en fait absorber la vapeur au travers de la partie inférieure de leur abdomen.
        Comme d'autres animaux du désert, beaucoup d'insectes ne boivent pas. Ils retirent le peu d'eau dont ils ont besoin de leur nourriture. Dès lors, ils peuvent survivre à de longues sécheresses. Certains insectes du désert ont néanmoins besoin de boire et ont développé pour cela des méthodes inhabituelles. Un ténébrion du désert du Namib s'agenouille même pour boire la rosée matinale. L'insecte baisse sa tête près du sol, son abdomen se dressant en l'air. Lorsque la brume vient de la mer, des gouttelettes d'eau se condensent sur l'abdomen du coléoptère et courent le long du corps de l'insecte droit dans sa bouche.
        L'activité de l'insecte dans le désert culmine peu après qu'il a plu. Des insectes de tout type exploitent l'abondance provisoire des plantes éphémères et bien des espèces se reproduisent et pondent a ce moment. Les oeufs de quelques espèces éclosent presque instantanément afin que la larve puisse profiter de la verdure. Certaines larves passeront les mois de sécheresse dans un état de dormance sous la forme de nymphes. Chez d'autres espèces, les oeufs gardent un état de dormance pendant la période sèche et éclosent à la première pluie. Le grand nombre d'oeufs et de nymphes produit chaque année offre un apport de nourriture précieux pour d'autres animaux, surtout pour les lézards. Mais, à l'instar des graines de plantes éphémères, peu survivent pour assurer la génération suivante.


De longues pattes éloignent le corps de l’insecte du sable brûlant.


2. Rester au frais   

        Bien des insectes évitent les fortes chaleurs en passant un maximum de temps sous la surface, dans la couche supérieure du sol ou du sable. Certains creusent des terriers permanents et n'émergent qu'à des moments précis pour se nourrir, tandis que d’autres peuvent juste " plonger " sous la surface molle du désert au premier signe de danger. La plupart des insectes ailés volent la nuit. Il y a deux raisons à cela. D'une part, étant donné les basses températures au cours de la nuit, l'insecte risque moins d'avoir trop chaud. L'activité musculaire du vol génère une grande quantité de chaleur dans son corps. Durant la journée, quand la température de l'air est assez élevée, il ne peut réduire assez vite sa chaleur pour voler. D'autre part, il est plus aisé de voler la nuit. Le jour, l'air du désert est trop sec et fluide pour offrir une résistance aux ailes de l'insecte et une grande quantité de puissance musculaire est gâchée. La nuit, lorsque l'air se rafraîchit, il devient plus moite et dense. Les ailes des insectes agissent alors plus efficacement.


Méthodes de lute contre la chaleur


3. Les pots à miel   

        Plusieurs espèces de fourmis du désert ont développé une méthode unique de survie lors des longues sécheresses. Ces fourmis sont souvent appelées "fourmis à miel". Après une averse, les fourmis récoltent des plantes éphémères plus de nectar qu'elles n'en mangent. Certains individus servent de réservoir de stockage. Ces fourmis nommées "pots à miel" s'accrochent d'elles mêmes au plafond de la fourmilière. Le reste de la colonie les nourrit alors de nectar jusqu'à ce que leur corps gonfle et prenne la forme d'un raisin. Ces "pots" peuvent rester dans cet état pendant 10 mois. Le réservoir ainsi constitué se vide au fur et à mesure qu'elles nourrissent la colonie durant la sécheresse.
        Ces pots à miel sont aussi une source de nourriture attirante pour d'autres animaux, y compris l'homme. Pour certains peuples vivant aux frontières du désert, la découverte d'une colonie de fourmis à miel correspond à la perspective d'un délicieux festin.


Fourmi à miel


4. Le fléau du désert   

        Le désert abrite l'insecte le plus redoutable, le criquet pèlerin. Appartenant à l'ordre des orthoptères et à la famille des acridiens, les criquets sont des parents de la sauterelle, mais contrairement à celle-ci, ils forment d'énormes essaims pouvant parcourir des milliers de kilomètres à la recherche de nourriture. Un grand essaim peut couvrir 1 000 kilomètres carrés et contenir 40 milliards de criquets. Lorsqu'un essaim de cette taille se pose, il peut provoquer d'énormes ravages et dévorer jusque 40 000 tonnes de verdure par jour. Selon des normes humaines, cela représente de quoi nourrir une ville de 400 000 habitants pendant un an. Le problème des criquets est accru par le fait que l'apparition d'un essaim est totalement imprévisible.
        La saison de reproduction des criquets correspond à la saison des pluies. La femelle ne peut en effet pondre que dans un sol humide. Chez certaines espèces, les oeufs peuvent rester jusque trois ans dans le sol à l'état de dormance. Cependant, la plupart éclosent dans les trois ou quatre semaines suivant la ponte. Les jeunes ne peuvent pas voler et sont appelés "sauteurs". Les sauteurs forment des bandes atteignant 20 000 insectes et se lancent à la recherche de nourriture. La nuit venue, ils se perchent souvent sur les arbres. Ils utilisent les premiers rayons solaires pour se réchauffer avant de débuter leur trajet journalier. Au cours de leur croissance, ils mangent voracement. Lorsque leurs ailes poussent, ils ont en général dévoré la végétation qui était à leur portée. Ils prennent alors leur envol à la recherche de nourriture, se réunissant en d'immenses essaims pour couvrir des distances pouvant atteindre 5 000 kilomètres.
        Le criquet pèlerin est un des rares aspects de l'écologie du désert qui menace l'homme car les récoltes et les champs sont sans défense face aux essaims destructeurs et dévastateurs. Là où cela est possible, les criquets sont exterminés à tous les stades de leur cycle de vie (oeufs, sauteurs ou adultes) et toutes les armes imaginables leur sont opposées: les insecticides, le feu, les explosifs et même les gaz toxiques.

L’invasion des sauterelles fut particulièrement dévastatrice en 1968 en Éthiopie. Un nuage s’abat sur Keren, dans un terrain où jouent des enfants.

Les insectes, voraces, consomment chaque jour leur poids de nourriture; l’envergure de certaines sauterelles dépasse 12 centimètres.


Des Plantes Dans Le Sable

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