5. Araignées et scorpions
5.1. Résistance à la chaleur
5.2. Les solifuges
6. Un peu de sang froid
6.1. La tactique du lézard
6.2. Les ténèbres et la lumière
9. Un mouvement latéral perpétuel
Les animaux les plus nombreux dans le désert, comme dans tout écosystème, sont les insectes. La plupart des familles principales d'insectes (mouches, cancrelats, coléoptères, papillons, sauterelles, fourmis, guêpes et abeilles) comportent bien des espèces vivant dans le désert. Les insectes qui vivent dans l'eau durant une partie de leur vie, tels que les libellules et les moustiques, ne se rencontrent pas beaucoup dans ce milieu tant donné la carence en eau.
Le corps de linsecte est bien adapté
aux conditions du désert. La carapace externe, la cuticule
qui entoure le corps de
l'insecte, est composée d'une substance dure et imperméable nommée chitine
. Pour cette
raison, l'insecte perd très peu d'eau par évaporation.
Tous les animaux perdent de l'eau en respirant.
Lorsque l'insecte expire, il rejette de la vapeur d'eau ainsi que du dioxyde de carbone
par des ouvertures du corps nommées stigmates. Il ne respire pas sans cesse. Il utilise
des muscles spéciaux pour garder les stigmates fermés jusquà ce que la quantité
de dioxyde de carbone dans son corps atteigne un certain niveau. Il ouvre alors ses
stigmates et expire. La perte d'eau est ainsi minimisée. Certains insectes du désert
peuvent en fait absorber la vapeur au travers de la partie inférieure de leur abdomen.
Comme d'autres animaux du désert, beaucoup
d'insectes ne boivent pas. Ils retirent le peu d'eau dont ils ont besoin de leur
nourriture. Dès lors, ils peuvent survivre à de longues sécheresses. Certains insectes
du désert ont néanmoins besoin de boire et ont développé pour cela des méthodes
inhabituelles. Un ténébrion du désert du Namib s'agenouille même pour boire la rosée
matinale. L'insecte baisse sa tête près du sol, son abdomen se dressant en l'air.
Lorsque la brume vient de la mer, des gouttelettes d'eau se condensent sur l'abdomen du
coléoptère et courent le long du corps de l'insecte droit dans sa bouche.
L'activité de l'insecte dans le désert
culmine peu après qu'il a plu. Des insectes de tout type exploitent l'abondance
provisoire des plantes éphémères et bien des espèces se reproduisent et pondent a ce
moment. Les oeufs de quelques espèces éclosent presque instantanément afin que la larve
puisse profiter de la verdure. Certaines larves passeront les mois de sécheresse dans un
état de dormance sous la forme de nymphes. Chez d'autres espèces, les oeufs gardent un
état de dormance pendant la période sèche et éclosent à la première pluie. Le grand
nombre d'oeufs et de nymphes produit chaque année offre un apport de nourriture précieux
pour d'autres animaux, surtout pour les lézards. Mais, à l'instar des graines de plantes
éphémères, peu survivent pour assurer la génération suivante.

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De longues pattes éloignent le corps de linsecte
du sable brûlant.
Bien des insectes évitent les fortes chaleurs en passant un maximum de temps sous la surface, dans la couche supérieure du sol ou du sable. Certains creusent des terriers permanents et n'émergent qu'à des moments précis pour se nourrir, tandis que dautres peuvent juste " plonger " sous la surface molle du désert au premier signe de danger. La plupart des insectes ailés volent la nuit. Il y a deux raisons à cela. D'une part, étant donné les basses températures au cours de la nuit, l'insecte risque moins d'avoir trop chaud. L'activité musculaire du vol génère une grande quantité de chaleur dans son corps. Durant la journée, quand la température de l'air est assez élevée, il ne peut réduire assez vite sa chaleur pour voler. D'autre part, il est plus aisé de voler la nuit. Le jour, l'air du désert est trop sec et fluide pour offrir une résistance aux ailes de l'insecte et une grande quantité de puissance musculaire est gâchée. La nuit, lorsque l'air se rafraîchit, il devient plus moite et dense. Les ailes des insectes agissent alors plus efficacement.

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Méthodes de lute contre la chaleur
Plusieurs espèces de fourmis du désert ont
développé une méthode unique de survie lors des longues sécheresses. Ces fourmis sont
souvent appelées "fourmis à miel". Après une averse, les fourmis récoltent des plantes
éphémères plus de nectar qu'elles n'en mangent. Certains individus servent de
réservoir de stockage. Ces fourmis nommées "pots à miel" s'accrochent d'elles
mêmes au plafond de la fourmilière. Le reste de la colonie les nourrit alors de nectar
jusqu'à ce que leur corps gonfle et prenne la forme d'un raisin. Ces "pots"
peuvent rester dans cet état pendant 10 mois. Le réservoir ainsi constitué se vide au
fur et à mesure qu'elles nourrissent la colonie durant la sécheresse.
Ces pots à miel sont aussi une source de
nourriture attirante pour d'autres animaux, y compris l'homme. Pour certains peuples
vivant aux frontières du désert, la découverte d'une colonie de fourmis à miel
correspond à la perspective d'un délicieux festin.
Le désert abrite l'insecte le plus
redoutable, le criquet pèlerin. Appartenant à l'ordre des orthoptères et à la famille
des acridiens, les criquets sont des parents de la sauterelle, mais contrairement à
celle-ci, ils forment d'énormes essaims pouvant parcourir des milliers de kilomètres à
la recherche de nourriture. Un grand essaim peut couvrir 1 000 kilomètres carrés et
contenir 40 milliards de criquets. Lorsqu'un essaim de cette taille se pose, il peut
provoquer d'énormes ravages et dévorer jusque 40 000 tonnes de verdure par jour. Selon
des normes humaines, cela représente de quoi nourrir une ville de 400 000 habitants
pendant un an. Le problème des criquets est accru par le fait que l'apparition d'un
essaim est totalement imprévisible.
La saison de reproduction des criquets
correspond à la saison des pluies. La femelle ne peut en effet pondre que dans un sol
humide. Chez certaines espèces, les oeufs peuvent rester jusque trois ans dans le sol à
l'état de dormance. Cependant, la plupart éclosent dans les trois ou quatre semaines
suivant la ponte. Les jeunes ne peuvent pas voler et sont appelés "sauteurs".
Les sauteurs forment des bandes atteignant 20 000 insectes et se lancent à la recherche
de nourriture. La nuit venue, ils se perchent souvent sur les arbres. Ils utilisent les
premiers rayons solaires pour se réchauffer avant de débuter leur trajet journalier. Au
cours de leur croissance, ils mangent voracement. Lorsque leurs ailes poussent, ils ont en
général dévoré la végétation qui était à leur portée. Ils prennent alors leur
envol à la recherche de nourriture, se réunissant en d'immenses essaims pour couvrir des
distances pouvant atteindre 5 000 kilomètres.
Le criquet pèlerin est un des rares aspects de
l'écologie du désert qui menace l'homme car les récoltes et les champs sont sans
défense face aux essaims destructeurs et dévastateurs. Là où cela est possible, les
criquets sont exterminés à tous les stades de leur cycle de vie (oeufs, sauteurs ou
adultes) et toutes les armes imaginables leur sont opposées: les insecticides, le feu,
les explosifs et même les gaz toxiques.